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Aru Manazashi - Un regard

Un film de Jonathan Soler

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affiche

Avec: Mariko TSUBOI et Yuta KATO

52 min. / couleur / 2010 / Japonais


Synopsis

Un étudiant à Tokyo. Sa caméra. Son monde de solitude. Une camarade de classe qu’il aime. A sa façon. La filmant. Secrètement. Oubliant les frontières de l’intimité...


La particularité du film est d’avoir été entièrement filmé avec un appareil photo compact, pour créer la sensation de voir des images volées, filmées à l'insu des personnages. Une œuvre dérangeante et poétique qui interroge sur le sens de la vie privée à l’époque des réseaux sociaux et de l’auto-médiatisation.


DISTRIBUTION

USA/Canada : Rising Sun Media (VOD)

Un regard en vidéos

Un Regard : Trailer

Un Regard : Peep Teaser

Un Regard : Extrait

Un Regard (2010)

Un Regard (2010)

Un Regard (2010)

Aru manazashi en images

Un regard Interview du real

D’OÙ VIENT L’IDÉE DU FILM ?

itv

J’étais au Japon pour une année à l’université (de septembre 2009 à septembre 2010) et il était absolument hors de question de quitter le pays sans y avoir tourné un film de fiction.

Début Janvier 2010, je suis allé à un concert à Shibuya (Tokyo), et j’ai filmé quelques parties du concert avec mon petit appareil photo compact caché dans ma poche. Je ne regardais même pas ce que je filmais. Ensuite, quand j’ai regardé ces vidéos au style « filmé en cachette », j’ai trouvé que c’était visuellement très puissant, et que ça pouvait devenir un concept de film intéressant.

Et je me suis souvenu d’une idée que j’ai eu quelques années plus tôt, l’histoire d’un garçon amoureux d’une fille sans qu’elle le sache. Il l’espionne et la filme sans qu’elle s’en rende compte… Une sorte d’espionnage amoureux.

Dans certains films, il y a des plans « voyeurs », des plans filmés, par exemple, caché derrière une fenêtre, espionnant quelqu’un à l’intérieur, et donnant l’impression qu’on est en train d’épier quelque chose qu’on ne devrait pas. Brian de Palma l’a beaucoup fait. C’est aussi très présent dans les films d’horreur des années 80. Et j’ai pensé que ça pouvait être vraiment intéressant de faire un film qui serait entièrement constitué de vidéos filmées à travers la caméra d’un garçon qui, dans un premier temps, filme de manière contemplative et poétique des éléments de sa vie solitaire, puis, probablement lassé, se laisse aller à franchir la ligne à ne pas franchir : filmer quelqu’un qu’il aime à son insu. D’abord, avec une certaine distance, puis, petit à petit, en oubliant totalement les limites de la vie privée et de l’intimité.

L’envie de faire ce film vient de cette question : dans ce monde où on peut publier sur internet des images/vidéos de n’importe qui sans permission, est-ce que les notions de « vie privée » et de « droit à l’image » signifieront quelque chose encore longtemps ? Le film pose cette question, peut être d’une manière déroutante, voire même dérangeante, mais il a le mérite de la poser de manière claire. Il n’apporte ni réponse, ni morale. Ce n’est pas son rôle. Il laisse chacun trouver ses propres réponses.



itv

QUELS TYPES DE RETOURS AVEZ-VOUS EU QUAND VOUS AVEZ MONTRÉ LE FILM ?

Ben… En fait, je ne l’ai pas montré tant que ça ! En faisant Aru Manazashi, je voulais vraiment qu’on ait l’impression de voir des images volées. Au début, des images anodines, puis des images plus dérangeantes puisqu’il filme, à son insu, une fille qu’il aime. Et il va très loin dans cette spirale de filmeur indiscret.

Parce qu’on voit ce qu’il filme, non seulement il n’y a pas de regard moralisateur, mais ça rend, d’une certaine manière, le spectateur complice. Et se sentir « voyeur » n’est pas une sensation agréable. C’est pourquoi le film peut être très déroutant, pour un spectateur qui n’arriverait pas à prendre de distance par rapport à ces images. Par contre, pour un spectateur qui arrive à se détacher de ce qu’il voit, et ne pas oublier que tout est faux et mis en scène, je pense que ça peut être une expérience de cinéma assez unique, et qui invite à la réflexion.

C’est un film que j’aurai aimé découvrir en tant que spectateur, pour savoir comment j’aurai réagi en le voyant. Et en le montrant à quelques personnes, ça a engendré des discussions et des réactions très intéressantes. Néanmoins, je fais quand même attention à qui je le montre.



itv

QUELS GENRES D’OBSTACLES AVEZ-VOUS RENCONTRÉ EN FAISANT LE FILM ?

Je pensais que ça serait compliqué, voire impossible de trouver une actrice qui comprendrait l’intérêt et l’originalité de ce projet. Si vous êtes un étranger à Tokyo, que vous faites un film avec un budget ridicule, si en plus votre film parle d’un sujet ultra délicat, et avec un style visuel inhabituel, vous ne mettez pas toutes les chances de votre coté. Je pensais que trouver une actrice serait le plus gros, voire même le seul vrai obstacle du film. Et je me suis trompé.

Avec mon ami, et acteur dans le film, Yuta Kato, on a rencontré quelques actrices et on leur a expliqué le projet. A chaque fois, je craignais une réaction imprévisible. Et à chaque fois, j’étais surpris de voir qu’elles étaient curieuses, posaient des questions sur le style, le contenu… Et de mémoire, aucune n’a semblé émettre la moindre inquiétude. Au contraire, je crois qu’un projet comme ça, ça devait être une sorte d’amusement pour elles, ou de défi.

Tant mieux ! Travailler avec des gens qui s’amusent sur mes films, ou qui les prennent comme un challenge, c’est une attitude qui me donne encore plus de motivation.



itv

EST-CE QUE LE FILM SERAIT DIFFÉRENT S’IL AVAIT EU UN PLUS GROS BUDGET ?

Je ne sais même pas à quoi aurait pu me servir plus d’argent. Je n’ai ressenti aucune frustration à ce sujet. Je ne crois pas que le film aurait été meilleur avec plus d’argent… Enfin, je ne vois pas comment. A aucun moment, je n’ai pensé « si seulement j’avais quelques Yen de plus… » J’ai pu faire tout ce que je voulais.

Et pour répondre à la question, oui, le film aurait été différent avec un plus gros budget. Il aurait été plus « sage » et plus consensuel, parce qu’il aurait du être plus « rentable ». Et il aurait perdu tout son sens !

Il y a certaines œuvres qui ont besoin d’être, le plus possible, détachées des contraintes financières pour aller au bout de leur vision. Je pense que Aru Manazashi en fait parti.



itv

QUELLE EST VOTRE PHILOSOPHIE À PROPOS DE LA RÉALISATION DE FILMS ?

Peu importe le film que je fais, qu’il soit accessible au plus grand nombre ou « délicat » et expérimental comme Aru Manazashi, ma démarche est la même. Ma principale motivation, c’est un amour absolu pour le cinéma, et parfois, une déception de voir si peu de film tenter quelque chose de différent, d’hors du commun.
Donc, que ce soit par son sujet, par son traitement stylistique, j’essaie de faire de films que j’aimerais voir mais qui n’existent pas à ma connaissance.

Mon envie, en tant que réalisateur, c’est de tenter ! Quitte à me casser les dents… J’ai plus d’admiration pour les réalisateurs qui ont tenté des choses folles et se sont magistralement plantés, que pour ceux qui font des chefs-d’œuvre en jouant la carte de la sécurité.



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